Depuis le 15 juin 2026, le décret n° 2026-507 autorise les opticiens-lunetiers à se rendre directement en EHPAD pour réaliser un examen de réfraction et délivrer, si nécessaire, des équipements optiques correcteurs. Ce texte généralise une expérimentation menée en Normandie et en Centre-Val de Loire depuis 2022, jugée concluante par les pouvoirs publics.
Jusqu'au 14 juin 2026, la réglementation imposait aux opticiens-lunetiers d'exercer leur activité de réfraction exclusivement dans leur lieu d'exercice habituel, c'est-à-dire leur magasin. Le décret n° 2026-507, publié au Journal officiel le 14 juin 2026 et entré en vigueur le lendemain, lève cette contrainte pour un cadre précis : les établissements d'hébergement pour personnes âgées dépendantes (EHPAD).
Ce texte réglementaire s'inscrit dans le prolongement direct de la loi du 5 février 2019 visant à améliorer la santé visuelle des personnes âgées en perte d'autonomie. Il conclut plusieurs années d'expérimentation conduite dans deux régions françaises — la Normandie et le Centre-Val de Loire — dont le bilan a été jugé positif par les pouvoirs publics.
Le texte permet désormais à tout opticien-lunetier de se rendre en EHPAD pour y réaliser deux types d'actes :
L'intervention reste encadrée : elle s'effectue dans le cadre d'un renouvellement de prescription médicale en cours de validité, sauf opposition du médecin prescripteur. L'opticien peut adapter la correction, mais ne se substitue pas à l'ophtalmologiste pour établir une prescription initiale.
Le décret impose également la transmission d'un compte rendu à l'issue de chaque visite, afin de garantir la coordination entre l'opticien, le médecin prescripteur et le médecin coordonnateur de l'établissement. Cette traçabilité est pensée pour sécuriser le parcours de soin du résident.
La situation visuelle des résidents d'EHPAD est un angle mort de la santé publique. Pour de nombreuses personnes âgées en perte d'autonomie, organiser un déplacement chez l'opticien représente une logistique difficile, voire impossible : trouver un accompagnateur, supporter le trajet, attendre en magasin. Résultat : des corrections obsolètes sont portées des mois, parfois des années, sans que personne n'alerte.
Or, la qualité de la vision a un impact direct sur le quotidien des résidents. Une vue mal corrigée perturbe les déplacements, augmente le risque de chute, et diminue la participation aux activités collectives. Les ophtalmologistes et orthoptistes se déplaçant déjà en EHPAD restent rares ; les opticiens — dont le maillage territorial est dense — constituent un relais naturel.
L'expérimentation préalable, menée depuis 2022 dans les deux régions pilotes, avait permis d'identifier les conditions pratiques d'une telle intervention : matériel de réfraction portable, coordination avec les équipes soignantes, modalités de délivrance des équipements. Le décret généralise désormais ce dispositif sur l'ensemble du territoire français, sans contraindre les établissements à le proposer : chaque EHPAD reste libre de l'organiser selon son fonctionnement interne et les partenariats locaux disponibles.
Ce nouveau droit d'exercice ne signifie pas que l'opticien remplace le médecin spécialiste. Plusieurs points de vigilance méritent d'être rappelés :
Ces garde-fous sont essentiels pour que l'extension de compétences bénéficie réellement aux résidents, sans créer de zones grises préjudiciables à leur santé visuelle.
Si vous avez un parent hébergé en EHPAD dont la correction n'a pas été vérifiée depuis longtemps, il est désormais possible de solliciter l'établissement pour qu'un opticien intervienne sur place. Renseignez-vous auprès du médecin coordonnateur ou de la direction de l'EHPAD sur les conventions existantes ou à mettre en place avec des opticiens du secteur.
À Grand Angle, nous suivons de près cette évolution réglementaire et nous pouvons répondre à toutes vos questions sur les possibilités ouvertes par ce décret pour vos proches résidant en établissement. N'hésitez pas à passer nous voir ou à nous contacter.
Les questions qu'on nous pose le plus souvent en boutique sur ce sujet.
L'opticien intervient dans le cadre d'un renouvellement de prescription médicale en cours de validité. Il peut adapter la correction à condition qu'il n'y ait pas d'opposition du médecin prescripteur. Les primo-prescriptions restent de la compétence exclusive de l'ophtalmologiste.
Le décret s'applique sur l'ensemble du territoire français. En revanche, il autorise ce service sans l'imposer : chaque établissement reste libre d'organiser ou non les visites d'opticiens. La mise en place dépend de la politique interne de l'EHPAD et de la disponibilité des opticiens locaux.
Le texte impose la transmission d'un compte rendu de la visite, afin d'assurer la coordination avec le médecin prescripteur et le médecin coordonnateur de l'établissement. L'opticien doit aussi disposer du matériel de réfraction adapté à un examen réalisé hors de son lieu d'exercice habituel.
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